Oh, she's so sick of hearing hellos, hearing goodbyes; she wants forevers, even though they don't last.
A un fil tiennent ces mots suspendus au bout de ses lèvres, bonjour, je t'aime, aurevoir, peut-être une prochaine fois ils trébucheront pour franchir enfin le seuil de sa bouche, prendre un sens en s'envolant dans l'air pour atteindre oreille attentionnée ou oreille inconnue, ils glisseront vers le sol pour s'écraser, bonjour, je t'aime, aurevoir, peut-être que tout ira bien, qu'ils remonteront et se diviseront, bonjour, je t'aime, peut-être qu'avant le dernier mot elle ravalera son souffle, refoulera son élan, le dernier ne viendra pas, il s'enfouira au plus profond d'elle, aurevoir. A un fil tiennent ses espoirs, suspendus au bord d'un gouffre de paroles quelconques de lui ou d'elle, de connaissances, d'étrangers ou de proches, bonjour, je t'aime, aurevoir, peut-être un jour remonteront-ils à la surface de la terre pour faire exploser son coeur, donner un but à sa vie en s'écoulant dans le lit de sa vie, bonjour, je t'aime, aurevoir, peut-être que tous serviront enfin à quelque chose, que les traits qui contournent ses yeux en autoroutes de peau se creuseront sans n'avoir eu à espérer tous les jours, peut-être un peu moins certaines secondes, espérer pour ces mots, bonjour, je t'aime, aurevoir. A un fil attendent patiemment les larmes au tournant de son regard, je t'aime, je t'aime, je t'aime. Il n'y a plus que ça à voir. En cascade de fils les sentiments roulent en mots ronds, bonjour, je t'aime, aurevoir. Bomevoir.


